Le chemin du pardon

C’est avec un esprit ouvert que mon frère et moi sommes allés voir The Shack au printemps 2017 aux Etats-Unis. Sorti en France quelques mois plus tard sous le nom « Le chemin du pardon », ce film a pour but d’aider les gens à voir Dieu différemment, à sortir de l’idée du vieil homme avec une longue barbe blanche. « On dirait que tu parles du Père Noël ! » dit Dieu à un moment dans l’histoire quand on le décrit de cette manière. Et en effet, on y voit pas mal d’interprétations très libres et originales du monde spirituel biblique. De plus, pour Paul Young, l’auteur du livre qui a inspiré ce film, ce « choc culturel » avait aussi pour but d’enlever les stéréotypes religieux crées par les humains pour que les gens puissent plus facilement s’approcher de Dieu, être plus à l’aise avec lui, et se permettre de lui poser les questions existentielles qui les tourmentent. C’est du moins ce qui se passe avec Mack, le personnage principal…

Synopsis

Mack est un homme heureux, vu de l’extérieur. Il a trois enfants avec une femme aimante qui a une relation si profonde avec Dieu qu’elle l’appelle « Papa ». Mack ne partage pas la foi de sa femme, parce que secrètement son cœur est rempli d’amertume et de jugements. Pour lui, l’église est routine et Dieu, s’il existe, est trop distant et silencieux. Quand une tragédie atroce lui arrive, il tombe dans une tristesse qui l’éloigne de sa famille et encore plus de Dieu.

Jusqu’au jour où il reçoit une lettre sans timbre signée « Papa » qui l’invite à l’endroit même où les preuves de l’assassinat de sa plus jeune fille ont été retrouvées. Mack, aveuglé par sa tristesse, part avec un pistolet dans l’espoir de se venger, car peut-être, pense-t-il, le meurtrier essaye de le piéger. En fait, c’est Dieu qui l’attendait à la cabane et cette rencontre l’amènera vers une vie nouvelle, sur le chemin du pardon.

Points positifs selon The Great News Presse :

Le message principal du film me parle beaucoup. Il faut pardonner même à nos pires ennemis, sans se demander si la faute est trop grave. Jésus ne parle pas d’exceptions à ce commandement dans les évangiles, et donc Papa (j’appelle ainsi le Dieu du film pour éviter de confondre les lecteurs) demande la même chose à Mack, qui a toutes les raisons de garder de la haine dans son cœur. À la fin du film, Papa montre également à Mack l’importance de sa vie sur cette terre, et qu’il n’est pas seulement là pour attendre le paradis et la perfection.

Le film est aussi touchant que beau visuellement. Les nombreuses scènes dans la nature font vivre une sorte de retrait spirituel, un cadre idéal pour analyser l’état du cœur. Les trois personnages de la divinité (Papa, Jésus, et l’esprit) sont bien joués et leurs dialogues sont remplis de références bibliques. C’est un travail ambitieux d’imagerie, et j’ai été surprise de ne pas trouver de contradictions claires avec le message de la Bible.

La dernière chose que j’aimerais relever dans les points positifs est que le film ose aborder certaines questions difficiles. Que fait Dieu devant tout le mal qui se passe dans le monde ? Pourquoi permet-il que des choses horribles arrivent aux personnes vulnérables ? Une scène en particulier mène Mack à comprendre pourquoi c’est à Dieu de juger chaque personne, et à nous de pardonner tout simplement.

Points négatifs selon The Great News Presse :

Toujours concernant les questions posées dans ce film, il y a certaines explications qui pourraient sembler incomplètes pour le spectateur. Des fois Papa donne une réponse courte et simple à Mack, alors que dans le livre on a un peu plus de détails. Mais il faut garder en tête que cette histoire rassemble des interprétations humaines et ne représente pas forcément ce que Dieu lui-même dirait !

Cela me fait arriver au deuxième petit point négatif. Young a pris des libertés avec les trois personnages divins, mais surtout avec Papa. Presque tout au long du film, Papa est une femme qui rigole, qui cuisine très bien, et qui aime écouter le reggae et Niel Young. La Bible décrit Dieu comme un esprit, alors que Jésus a été humain. Donc c’est peut-être à cause de cela que l’on prévient les spectateurs de cette interprétation très humaine de Papa.


Note complémentaire : Je conseille Le chemin du pardon à toute audience assez mature pour aborder les sujets durs tels que la maltraitance des enfants et la violence domestique (12+).

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