Hudson Taylor

James Hudson Taylor naît le 21 Mai 1832 dans une famille méthodiste anglaise suite à cette prière formulée par ses parents :

« Cher Père céleste, si tu nous accordes un fils, fais qu’il te serve en Chine ! »

L’exaucement de cette prière s’étalera sur 73 ans d’une vie consacrée toute entière à Dieu et à son projet missionnaire en Chine. Je dirais même que cette prière continue d’être exaucée aujourd’hui infiniment au- delà de tout ce que les parents d’Hudson auraient pu imaginer.

Tout petit déjà, Hudson Taylor affirmait vouloir être missionnaire en Chine quand il serait grand. Le 22 mars 1852, il informait sa mère qu’il avait pris la décision d’aller en Chine. Le 19 Septembre 1853, à l’âge de 21 ans, il embarquait pour le front missionnaire chinois sans avoir terminé ses études de médecine, convaincu par le Seigneur que son temps était venu. Après sept années d’un labeur acharné, il fut contraint de rentrer en Angleterre en 1860 à cause de problèmes de santé mais ne resta pas pour autant inactif. Il s’est consacré à la traduction du nouveau testament dans un dialecte chinois, a terminé ses études de médecine, a publié un best-seller intitulé La Chine, ses besoins spirituels et ses droits. En plus de tout cela, Hudson Taylor profite de son séjour en Angleterre pour créer un organisme missionnaire révolutionnaire : la China Inland Mission (Mission à l’intérieur de la Chine).

Pour comprendre l’importance de la China Inland Mission (CIM), il faut savoir qu’à cette époque, à cause de la situation politique de la Chine et de ses rapports compliqués avec les nations étrangères, les missions d’évangélisation n’avaient pas accès à l’intérieur du pays et donc à la plus grand part de la population chinoise. L’ambition d’Hudson Taylor était justement de pénétrer à l’intérieur de la Chine pour évangéliser conformément à l’ordre donné par le Seigneur d’annoncer l’évangile à toute créature.

La singularité de la CIM se manifeste également à travers ses principes de fonctionnement établis par Hudson Taylor :

  1. Les missionnaires seront recrutés non dans une dénomination particulière mais au sein de toutes les grandes églises chrétiennes.
  2. Les missionnaires n’auront pas de salaire fixe et doivent s’attendre au Seigneur pour tous leurs besoins. Tous les dons seraient répartis mais la mission ne contracterait jamais de dettes.
  3. La mission ne ferait aucun appel de fond ni aucune collecte ou sollicitation. Les besoins sont exprimés à Dieu dans la prière et celui-ci répond en suscitant des dons volontaires de la part des chrétiens.
  4. La mission serait dirigée non pas par un comité national en Angleterre mais par des responsables en poste en Chine et qui disposent de fait d’une vraie connaissance du terrain.
  5. Le but recherché ne serait pas d’obtenir le plus grand nombre de conversions au profit de la CIM, mais de répandre l’évangile de Christ dans tout l’empire chinois.
  6. Les missionnaires devront adopter la culture locale : s’habiller comme les chinois et célébrer les cultes dans des bâtiments de style chinois et non dans des églises de style gothique.

Chacun de ses points étaient en soi profondément subversif pour son époque (et même pour la nôtre). Et si Hudson Taylor les avait malgré tout édictés et établis comme fondement de son travail, ce n’était pas par esprit de contradiction. Il était motivé par le souci sincère d’annoncer l’évangile de Christ à des millions de Chinois qui sinon mourraient sans espérance. C’était l’ordre du Seigneur auquel il était impératif de répondre. Et puisque c’était le Seigneur qui appelait, alors le Seigneur pourvoirait aussi aux besoins de ses ouvriers. Par ailleurs, les Chinois seraient beaucoup plus réceptifs si ceux qui s’adressaient à eux s’efforçaient de leur ressembler plutôt que de leur imposer une culture étrangère.

La stratégie d’Hudson Taylor, quoique surprenante, était donc parfaitement réfléchie et ses choix révèlent qu’il était un homme profondément spirituel, rempli de confiance en Dieu mais résolu à travailler pour obtenir des résultats concrets sur terre au nom de Jésus-Christ.

Hudson retournera en Chine pour mettre en œuvre son plan d’évangélisation. Le Seigneur, fidèle à sa parole, rendra témoignage à sa foi en faisant fructifier son travail : non seulement la CIM a réussi à installer des missionnaires dans toutes les provinces de Chine (même celles où aucun étranger n’était allé avant), apportant ainsi l’évangile à des milliers de chinois, mais en plus, tout au long de sa vie et après, il inspirera une cohorte de missionnaires à travers le monde.

Il est impossible dans ce court portrait de détailler son impact sur l’action missionnaire en Chine et dans le monde. J’ai plutôt choisi d’insister ici sur un aspect de sa personnalité. Celui-ci me paraît le plus important à développer pour un(e) chrétien(ne) aujourd’hui : sa confiance inébranlable en la fidélité de Dieu.

Quand on observe la vie d’Hudson, on est frappé par le fait que, quoi qu’il faisait, il le recommandait à Dieu. Il priait sans cesse et pour la moindre chose. Je n’entends pas par là qu’il avait une vie de prière selon l’expression consacrée, de peur d’induire l’idée erronée qu’il passait ses journées à réciter des prières. Ce que je veux dire plutôt c’est qu’il avait « une vie en prière ». Il vivait avec la conscience que nous sommes dépendants de Dieu pour toutes choses, que Dieu est toujours fidèle et qu’il ne fait jamais défaut. Et à cause de cela, il recommandait constamment tous les aspects de sa vie et ses activités à Dieu. Pour illustrer cela, voici l’extrait d’une conversation qu’il a eu, peu avant de mourir, avec un missionnaire de la CIM, le Dr Barrie :

Barrie : « c’est un grand privilège de tout apporter à Dieu dans la prière. Pourtant, j’hésite parfois à y recourir, car j’estime que certains sujets sont trop insignifiants pour faire l’objet de la prière. »

Taylor : « je ne partage pas ce point de vue. Il n’y a rien de petit, il n’y a rien de grand : Dieu seul est grand, et nous devons nous confier pleinement en lui. »

Vivre dans la dépendance à Dieu pour toutes choses, voilà un vaste programme qui pourrait paraître abstrait. Hudson Taylor est l’un de ces hommes qui nous montre qu’il s’agit en fait d’une chose très terre à terre que tous les enfants du monde font le plus naturellement du monde : prendre au mot ce qui est promis.

Hudson Taylor est parti rejoindre le Seigneur qu’il a tant aimé et servi le 3 Juin 1905. C’était sans aucun doute un homme hors du commun, d’abord à cause de l’abondante activité missionnaire qu’il a accompli en Chine, mais surtout à travers le témoignage que sa vie rend à Christ et l’exemple incroyablement stimulant qu’elle représente pour les chrétiens et chrétiennes soucieux de vivre une foi authentique.

Je ne lui rendrais pas justice si je concluais sans préciser que sa vie est également un message pour ceux et celles qui ne connaissent pas notre Seigneur et ce message, le voilà : il y a un Dieu infiniment grand, bon, fidèle et juste qui vous tend la main et désire faire de vous non seulement ses amis, mais bien plus, des membres de sa grande famille.

Pour prendre la mesure de l’encouragement que le témoignage de sa vie représente, je vous recommande vivement la lecture d’une de ses biographies. J’ai personnellement lu celle-ci : Hudson Taylor, l’évangile au cœur de la Chine, par Roger Steer. Ce fut une lecture hautement profitable et je rends grâce au Seigneur pour ce cadeau.

Catégories : Étiquettes : ,