Que Fait Dieu à l’heure du Covid19 ?

Dans chaque crise dramatique, il faut trouver un responsable. La peur nous y pousse. La souffrance est encore moins supportable quand on ne la comprend pas. Quand la situation nous échappe, Dieu fait un coupable idéal. Les arguments usés sur l’impuissance et la malveillance supposées de Dieu refont surface : « Que fait Dieu ? Où est Dieu ? Pourquoi n’intervient-il pas ? »

            D’autres savent mieux que Dieu ce qu’il fait et doit faire. Ils prêtent à Dieu des intentions qu’il n’a pas. Ils essaient de remplir l’apparent silence de Dieu. Ils interprètent les événements au travers du prisme de leur compréhension ou de leur incompréhension de Dieu. Ils spéculent sur ce que nous ne savons pas de Dieu.
           En ces temps agités et incertains, n’est-il pas plus important et réconfortant de nous appuyer sur ce que nous savons de Dieu ?

            Ce que nous savons de Dieu est exprimé dans la Bible et plus particulièrement dans la personne de Jésus-Christ, son Fils. C’est lui qui a rendu visible le Dieu invisible et qui lève le voile sur son action. « Personne n’a jamais vu Dieu ; Dieu le Fils unique, qui est dans l’intimité du Père, est celui qui l’a fait connaître » (Jean 1 :18). Au travers de Jésus, nous pouvons savoir, nous pouvons voir ce que Dieu fait.

            Alors, que fait Dieu, à l’heure du Covid-19 ? Il fait ce qu’il a toujours fait en Jésus-Christ.

           

En Jésus, Dieu est proche.

            Depuis sa résurrection, Jésus-Christ n’a jamais été aussi présent. Et pourtant, ses disciples ont eu des difficultés à le reconnaître, comme Marie de Magdala (Jean 20 :14) ou les disciples sur le chemin d’Emmaüs (Luc 24 :16). Même en présence du Christ ressuscité, certains disciples ont eu des doutes (Matthieu 28 :17). Tristesse, deuil, peur, souffrance peuvent voiler nos yeux et nous empêcher de voir Jésus. Mais si nous mettons les lunettes de la foi et faisons appel à Dieu, nous pouvons nous approprier la promesse du Psaume 145 :18 : « L’Eternel est près de tous ceux qui font appel à lui, de tous ceux qui font appel à lui avec sincérité. » Jésus n’a pas promis une vie sans souffrance mais il a promis d’être avec nous tous les jours (Matthieu 28 :20), même dans les jours de souffrance.

En Jésus, Dieu parle.

            L’insupportable silence de Dieu ne vient pas de son détachement de nos problèmes. Il provient de notre surdité spirituelle qui s’ajoute à notre aveuglement. Reprenant les paroles du prophète Esaïe (6 :9-10), Jésus en a fait le diagnostic amer : « En effet, le cœur de ce peuple est devenu insensible ; ils se sont bouché les oreilles et ils ont fermé les yeux de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent et que je ne les guérisse » (Matthieu 13 :15). Si Dieu est proche de nous, c’est pour nous parler. Il le fait par la Bible. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle « Parole de Dieu ». Dieu nous parle par Jésus dont chaque phrase cherche à toucher notre cœur, selon ses besoins. Il nous parle dans la souffrance, par ses paroles de réconfort, de consolation, de guérison. Mais il nous parle aussi par la souffrance. C’est un langage extrêmement pénible mais c’est peut-être le seul qui puisse nous ouvrir aux autres langages de Dieu, comme son amour, sa bonté, sa bienveillance, sa patience, son pardon. C.S. Lewis nous le rappelle : « Dieu nous parle à voix basse dans nos plaisirs, à haute voix dans notre conscience, mais sa voix devient une clameur dans nos peines. Elles sont le porte-voix dont Il se sert pour éveiller un monde sourd » (Le Problème de la souffrance, Desclée de Brouwer, 1967, p. 112). Que faudra-t-il pour nous éveiller à la voix de Dieu ?

En Jésus, Dieu compatit.

            L’épouvantable pandémie que vit le monde, comme nos souffrances au quotidien, n’indiffèrent pas Dieu. Il n’est pas resté au balcon de l’univers se contentant de jeter un coup d’œil furtif et curieux sur nos problèmes. Dieu est venu jusqu’à nous. En devenant homme, il s’est approché de nous. En devenant homme, il a tout vécu de notre humanité. Il n’est pas resté dans sa bulle, insensible à nos difficultés. Il comprend nos souffrances de l’intérieur. Rien de ce que nous vivons n’est étranger à Dieu. Ce qu’il ressent à notre égard est ce que Jésus a ressenti : une compassion intense. Face à la foule languissante et abattue car sans berger (Matthieu 9 :36), face aux malades (Matthieu 14 :14), face aux affamés (Matthieu 15 :32), face aux aveugles (Matthieu 20 :34), face à un lépreux (Marc 1 :41), face à une veuve qui enterrait son fils (Luc 7 :13), face au tombeau de son ami Lazare et à la détresse de ses sœurs (Jean 11 :33-34), Jésus a été ému au plus profond de lui-même. Il a versé des larmes. Il sait ce que c’est que de perdre un ami. Et Dieu sait ce que c’est que de perdre son Fils ! Savoir que Dieu comprend ce que nous vivons doit nous encourager à nous confier en lui.

En Jésus, Dieu soulage.

            « La compassion de Jésus n’est pas seulement sentimentale : elle est active. Chaque fois que les évangiles nous disent que Jésus était rempli de compassion, il s’est passé quelque chose : Jésus a guéri des malades (Matthieu 14 :14) ; il a nourri les foules affamées (Matthieu 15 :32) ; il a purifié un lépreux (Marc 1 :41) ; il a ressuscité le fils unique d’une veuve qui pleurait (Luc 7 :13). L’amour de Jésus mettait sa compassion en action. » (Communiquer l’Evangile aujourd’hui, 2020, BLF Editions, p. 38). Jésus n’a pas guéri tout le monde mais il a guéri plusieurs personnes. Nous pouvons légitimement le prier pour solliciter son aide et la guérison. Sa réponse dépendra de sa pleine souveraineté et nous devons nous y soumettre en toute confiance. Dieu n’est pas lié à notre volonté. Il n’est pas non plus le jouet de circonstances imprévisibles, du hasard capricieux ou du fatalisme aveugle. Jésus reste celui qui contrôle toutes choses et à qui tout pouvoir a été donné dans le ciel et sur la terre (Matthieu 28 :18). Il est réconfortant de savoir que quand Jésus a été cloué sur la croix : « … ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé…, » (Esaïe 53 : 4). Voilà pourquoi Jésus nous invite à nous en décharger sur lui : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et courbés sous un fardeau, et je vous donnerai du repos » (Matthieu 11 :28).

En Jésus, Dieu a souffert pour nous.

            A la question « Où est Dieu ? », la Bible répond : « … Dieu était en Christ : il réconciliait le monde avec lui-même en ne chargeant pas les hommes de leurs fautes,… » (2 Corinthiens 5 :19). A la question « Que fait Dieu ? », la Bible répond : « celui (Jésus) qui n’a pas connu le péché, il (Dieu) l’a fait devenir péché pour nous afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu » (2 Corinthiens 5 :21). La réponse ultime de Dieu à nos souffrances, ce sont les siennes ! Il ne peut rien faire de mieux. Il n’a rien voulu faire de moins. « Dieu était en Christ » sur la croix. C’est là qu’il s’est chargé de nos souffrances et surtout de ce qui en est la cause : nos péchés, nos fautes, nos échecs moraux. Il a payé le prix élevé d’une souffrance totalement injuste, imméritée pour nous épargner une punition totalement juste, méritée. « Mais lui, il était blessé à cause de nos transgressions, brisé à cause de nos fautes : la punition qui nous donne la paix est tombée sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris » (Esaïe 53 :5). Dans le tourbillon des peurs et des douleurs qui menace aujourd’hui de nous emporter, la Bible assure que « Christ aussi a souffert, et ce une fois pour toutes, pour les péchés. Lui le juste, il a souffert pour des injustes afin de vous conduire à Dieu » (1 Pierre 3 :18).  Ce que Dieu a fait en Jésus – sa mort à la croix et sa résurrection – continue à produire ses effets de pardon, de réconciliation et de guérison. C’est à nous de saisir cette opportunité en lui faisant confiance et en lui soumettant notre vie.

            La crise du Covid-19 rappelle notre fragilité. Elle nous oblige à porter les regards au-delà de notre vie terrestre. Dieu veut plus que notre guérison physique. En Jésus, Dieu veut notre guérison spirituelle pour nous donner la vie éternelle. Elle nous est assurée par la foi en Christ. Jésus a dit : « C’est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt ; et toute personne qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jean 11 :25-26).

            Maintenant que nous savons ce que Dieu fait et a fait pour nous en Jésus-Christ, allons-nous croire en lui ?