Raconte moi une histoire…

Nous aimons les histoires et en particulier les fictions à caractère fantastique. C’est un constat surprenant dans notre société matérialiste. N’est-il pas étonnant que la maîtrise technologique croissante de l’humanité, loin d’atténuer son aspiration au merveilleux, suscite la prolifération d’œuvres artistiques empreintes de fabuleux ?

Tout rationnels que nous soyons, nous adhérons néanmoins sans mal à l’histoire d’un extraterrestre qui annihile la moitié des vies dans l’univers d’un claquement de doigt. Puis, nous nous attachons aux héros qui remontent le temps pour, à force de courage et d’abnégation, réparer le mal causé. Parvenus à l’apogée du récit, nous assistons avec satisfaction au succès de l’entreprise des valeureux guerriers en nous délectant de la chute du gredin qui reçoit la juste monnaie de sa pièce.

Les cinéphiles l’auront reconnu, je fais ici référence à deux des plus gros succès populaires de l’histoire du cinéma américain : la duologie Avengers Endgame/Infinity War. Des millions de gens ont vu ces films au cinéma, conscients de leur caractère fictionnel, mais sans jamais être empêchés par ce fait de savourer une bonne histoire bien racontée. L’imagination humaine, même engoncée dans son intellectualité, se laisse happer sans effort dans de grands récits fantasmagoriques où les gentils triomphent des méchants à la fin. N’y a-t-il pas là un indice de l’existence en nous d’une intuition viscérale que quelque chose transcende notre monde matériel et que le mal n’est pas une fatalité ?

Je conclurai en évoquant une autre œuvre, littéraire celle-ci, un monument de la production intellectuelle et artistique humaine qui nous raconte, elle aussi, une histoire grandiose où le bien triomphe de façon éclatante du mal. Je parle de la Bible qui, d’ailleurs se démarque des grands récits prodigieux, parce qu’elle nous gratifie en prime d’une histoire merveilleuse, du bonus d’une surprise qui rend le voyage encore plus savoureux : elle ne nous raconte pas une fiction ! Les faits et les événements qu’elle rapporte ont bien eu lieu.