Sylvie

Qui es-tu ?

Je m’appelle Sylvie. Originaire des Pays de la Loire, je vis à Rennes depuis 20 ans. J’ai 64 ans, l’âge où, la retraite approchant, on regarde sa vie passée pour mieux préparer celle qui reste à vivre.

Mon « moteur » ce sont mes valeurs, issues de l’éducation catholique progressiste que m’ont donnée mes parents, et que j’ai gardées après avoir perdu ma foi en Dieu, à l’aube de ma vie d’adulte : foi en l’être humain et en ses capacités de résilience, égalité quelle que soit l’origine, le sexe, le handicap, importance des relations humaines dans le respect de chacun…

Ce sont ces valeurs qui m’ont conduite à m’engager, encore lycéenne, dans la Jeunesse Etudiante Chrétienne et près de la Communauté œcuménique de Taizé, où j’ai côtoyé des jeunes chrétiens de tous les pays. A participer à la création d’une Maison des Jeunes et de la Culture dans la petite ville où j’habitais. A partir deux mois en Inde l’année de mes vingt ans travailler avec Mère Térésa…

Ce sont elles le socle de mon engagement professionnel, d’abord comme assistante sociale puis comme cadre manager à la sécurité sociale, avec de plus en plus de responsabilités, en restant fidèle à mes convictions et à mon engagement syndical, puisque j’ai pris des responsabilités syndicales encore plus importantes pour mes dernières années d’activité professionnelle.

Je pense que ces valeurs, ces contacts précoces avec des jeunes de cultures différentes, ont sans doute favorisé le fait de tomber amoureuse et d’épouser un homme d’origine  africaine, avec lequel nous avons élevé un fils métis, des jumeaux adoptés à Madagascar, et l’une de ses nièces… avec toutes les joies et toutes les difficultés liées à ces parcours difficiles.

Avec le recul, j’ai l’impression d’avoir souvent dû me battre : pour mes convictions, pour mes enfants, pour obtenir des responsabilités importantes en tant que femme dans un monde d’hommes, pour mener de front ma vie de mère et de femme, ma vie professionnelle, des études reprises à 40 ans… Mais je suis fière de ce que j’ai pu réaliser, pour moi et les autres.

Que fais-tu ?

Aujourd’hui, mon parcours de vie m’a appris à vivre l’instant présent, les petits bonheurs quotidiens avec mon mari, mes enfants, la famille, les amis, à essayer de faire ce que je peux pour améliorer la vie de tous et de chacun, dans ma vie personnelle, professionnelle,  syndicale, sociale… mais sans m’oublier !

Car, petit à petit, après m’être beaucoup occupée des autres, de mes enfants, de mes parents que j’ai accompagnés plusieurs années avant leur décès à quelques mois d’intervalle, en 2016, j’apprends à prendre soin de moi et je découvre les plaisirs de la vie à deux avec mon mari, que j’aime toujours profondément après trente ans de vie commune

Où vas-tu ?

Dans un peu plus d’un an, nous prendrons notre retraite. Nous avons le projet d’aller vivre plus près de la mer, dans une nouvelle maison, pour une nouvelle vie : plus de temps pour marcher, lire, bricoler, créer aussi. Faire du bénévolat dans la commune où nous nous installerons. Voyager pour voir la famille éloignée, ou découvrir de nouvelles contrées, chez ou avec des amis. Et accueillir chez nous, dans cette nouvelle maison, la famille proche et élargie, les amis… Une nouvelle vie pleine de relations humaines et de découvertes… On ne change pas les fondamentaux !

Citation préférée ?

« Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas, c’est difficile parce que nous n’osons pas. »

Sénèque